GRÈVES et BLOCAGES en GUYANE : Quelles sont les revendications des manifestants ?

Le département guyanais est fortement touché depuis une semaine par des mouvements de grève qui le paralysent.

Les manifestants demandent de mettre en place les réformes sociales promises durant le quinquennat.

 

Depuis le début de semaine, plusieurs mouvements sociaux ont été déclenchés, empêchant notamment le lancement de la fusée Ariane 5, vitrine économique du territoire, traduisant des revendications de salariés et une exaspération croissante d'une partie de la population notamment face à l'insécurité et au déficit d'offre de soins. Initialement prévu lundi, le transfert de la fusée vers son pas de tir n'a jamais pu être mis en œuvre à cause d'un barrage à l'entrée du Centre spatial guyanais à Kourou et d'une grève au sein de la société Endel qui assure le transfert.

La mobilisation a pris une dimension plus large pour dénoncer des problèmes de santé, d'éducation, d'économie et de sécurité. Sont aussi bloqués le Grand Port Maritime, la Collectivité Territoriale de Guyane, la Préfecture, les axes routiers. Mais parmi ces barrages, certains sont "sauvages" et source de "rackets", a dénoncé jeudi soir le préfet de la région Guyane, ordonnant aux forces de l'ordre de les "éradiquer". "Seuls les barrages dressés par les collectifs seront maintenus", a-t-il ajouté.

La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, interpellée sur ces mouvements sociaux qui paralysent la Guyane, a proposé jeudi 23 mars la tenue de plusieurs réunions à Paris, notamment pour "traiter sans délai les problèmes immédiats". L'objectif est également de "finaliser" le Pacte pour l'Avenir de la Guyane, promesse de François Hollande toujours en attente de signature.

La ministre souligne dans un communiqué que "la levée des blocages permettrait que ces discussions se déroulent dans un climat apaisé et constructif" et "appelle les responsables des différents mouvements et organisations à se saisir de cette opportunité".

Mais en Guyane, les collectifs "ont fait part de leur refus d'une négociation sur Paris", a-t-on appris jeudi auprès de l'un de leurs porte-parole.

TOUT LE DÉPARTEMENT EST TOUCHÉ

 

Un Boeing 777 d'Air France assurant la liaison Paris-Cayenne a dû faire demi-tour après 4 heures de vol, et un autre vol d'Air Caraibes a été dérouté sur Pointe-à-Pitre, à la suite d'une notification de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) sur le nombre insuffisant, à l'aéroport de Cayenne en raison des blocages, de personnel de lutte anti-incendie pour assurer la sécurité des gros-porteurs.

Jeudi matin, plusieurs barrages bloquaient les ronds-points, comme à l'entrée de Cayenne en venant de Rémire mais aussi en venant de Kourou. Selon Guyane 1ere, les écoles sont fermées dans plusieurs villes comme à Kourou, Cayenne, Rémire-Montjoly, Roura.

 

Certaines stations services commencent à connaitre des pénuries d'essence sans plomb, et des appels à fermer les magasins ont été lancés.

 

Les barrages, notamment à l'initiative du syndicat UTG, l'Union des travailleurs guyanais, - CGT, rassemblent pêle-mêle des salariés d'EDF en grève, des personnels du centre médico-chirurgical de Kourou, inquiets d'un désengagement de La Croix Rouge qui gère l'établissement, un collectif qui réclame un commissariat à Kourou et un autre collectif contre la délinquance, "les 500 frères", qui défilent cagoulés.

 

Des agriculteurs bloquent aussi des locaux de la Direction de l'agriculture (DAAF), reprochant des lenteurs administratives et des refus d'aide, et des transporteurs bloquent le port de Degrad des Cannes (15 km de Cayenne), inquiets de la répartition des marchés du chantier du futur pas de tir d'Ariane 6

Les Amérindiens ont aussi appelé à se mobiliser, notamment contre le "vol" de leur terre et un projet d'extraction aurifère controversé, ainsi que les associations de lutte contre l'orpaillage.

 

VALIDER LE PLAN DE CONVERGENCE POUR LA GUYANE

 

Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale de Guyane, la CTG, a appelé à l'envoi de membres du gouvernement en Guyane.

 

Depuis le début de ces mouvements sociaux, qui bloquent aussi le Grand Port Maritime, la collectivité territoriale, la préfecture et les axes routiers, "le dialogue entre leurs représentants et les autorités publiques n'a jamais cessé", assure la ministre dans son communiqué.

 

Elle propose "une démarche visant à la fois à traiter sans délai les problèmes immédiats, à finaliser le contenu du Pacte pour l'Avenir de la Guyane, mais aussi à lancer en urgence les travaux d'élaboration pour la Guyane d'un plan de convergence" prévu par la loi Egalité Réelle Outre-mer adoptée en février.

 

Plusieurs "réunions préparatoires" seront organisées à Paris "à compter du mardi 28 mars entre les représentants des parties qui ont exprimé leurs revendications, les élus guyanais et les ministères concernés", précise le communiqué.

 

Elles s'articuleront autour de l'économie, "avec pour perspectives les mesures à prendre pour développer l'activité et soutenir la commande publique", de la santé, "afin d'examiner en particulier les situations des établissements hospitaliers de Cayenne (CHAR) et de Kourou (CMCK)", et de la sécurité, "dans l'optique de décider de mesures concrètes en termes de renforts et d'organisation des services en charge de la sécurité intérieure".

 

"D'autres thématiques feront l'objet de concertations en Guyane, par exemple "en matière d'éducation, d'agriculture, d'équipements, etc."

 

A l'issue de ces réunions, une rencontre avec le président de la CTG et les parlementaires pourra se tenir "pour finaliser le Pacte pour l'avenir de la Guyane" et "définir une méthode de travail pour l'élaboration du Plan de convergence pour la Guyane".

 

Lors de la visite de Ségolène Royal en Guyane les 16 et 17 mars, des blocages avaient déjà été menés par plusieurs organisations professionnelles dont le Medef Guyane, les moyennes et petites industries (MPI) et la fédération des opérateurs miniers de Guyane, pour protester contre le retard de la signature du "Pacte d'avenir" de 2 milliards d'euros promis par François Hollande en 2013.

 

SOURCE : Blog Syndicat CGT unilever HPC France



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